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On se prend à rêver que les jurys des prestigieux prix littéraires se dépoussièrent et osent prendre en main une tablette ou une liseuse et lisent ce très beau roman, à coup sûr Le Roman à lire en cette rentrée littéraire.

D’une écriture à la fois très poétique et violente, tout en abordant des thèmes extrêmement durs, comme le nazisme, le racisme, l’homophobie, la maladie, l’auteur nous fait flirter avec un fantastique très romantique, de ce romantisme allemand un peu gothique. Nous fait suivre un parcours initiatique, une quête, d’identité, d’amour, de vérité.

Avec une beauté dans les mots, une excellence littéraire qui ne peut que nous séduire. En filigrane, l’énigmatique et magnifique Roi des Lunes, qui éclaire l’ensemble de sa lumineuse présence.

Après la lecture de ce roman, qui nous reste longtemps comme en surimpression dans l’esprit tellement il y a de force et de beauté dans votre écriture, on a envie de vous demander ce qu’il y a de Milton, le narrateur du roman, en vous, ou ce qu’il y a de vous en Milton ?

Milton a hérité de ma passion pour Louis II de Bavière et peut-être d’une certaine mélancolie. Mais, heureusement, je n’ai pas la dureté, la violence qu’il peut avoir envers lui-même. Je l’ai imaginé comme le genre d’homme sur lequel je pouvais aisément craquer à l’époque : ténébreux, maladif… romanesque. Tout au long de l’écriture, j’avais une photo de l’acteur américain Thomas Dekker dans mon bureau. Milton et son jumeau Alexandre lui ressemblent physiquement…

Le Roi des Lunes, Louis II de Bavière, est présent tout au long du roman, dans une bienveillante compagnie, bien qu’irréelle. Quelle est l’importance de ce personnage pour vous, dans le roman, mais aussi dans votre univers personnel ?

Je suis littéralement tombé amoureux de cet homme après un voyage en Bavière. D’abord séduit par ses châteaux féeriques, j’ai acheté une biographie pour en savoir un peu plus sur ce roi esthète, homosexuel et terriblement seul qui avait fini par ne plus vivre que la nuit… Son histoire m’a touché plus qu’elle ne l’aurait dû peut-être… J’ai fini par acheter tous les livres en langue française le concernant, des gravures d’époque, des photos. Aujourd’hui, une partie de mon bureau lui est consacrée et je me rends en Bavière une fois par an. J’aime à croire qu’il me rend créatif. Pour autant, à la différence de Milton, il ne m’est jamais apparu et je ne lui parle pas ! (rires)

Des thèmes durs, violents, sombres, servent de trame à cette histoire, trame sur laquelle les amours sont compliqués, et pourtant magnifiés. Comment définiriez-vous votre roman, d’abord un roman d’amour, ou un roman de société, ou encore un roman noir ?

Il m’est difficile de ranger ce livre dans une catégorie. C’est un peu tout cela à la fois. J’ai commencé l’écriture du livre à Munich sans trop savoir où j’allais. C’est une ville pleine de contrastes, pleine de paradoxes. Les gens y sont plutôt conservateurs, mais on y trouve des endroits réservés au sexe extrême dans des rues très commerçantes. La religion est très présente, mais à chaque célèbre fête de la bière, la ville se transforme en un lieu assez orgiaque finalement. C’est dans les paysages bavarois qu’ont été écrits les contes des frères Grimm et que Louis II a construit sa légende, mais c’est aussi de là qu’Adolf Hitler a piloté l’horreur du IIIe Reich. Le roman reflète tous les contrastes de cette ville.

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Licence

À l'heure où nos fantômes rampent sur l'île aux roses© 2013 par Thierry Desaules, les Éditions Numeriklivres. Tous droits réservés.

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